Rapide historique de l'Ordre de la Vierge Marie (Annonciade)

Jeanne de France meurt le 4 février 1505, laissant au Père Gabriel-Maria, franciscain, le soin de veiller sur l'Annonciade. De 1505 à 1532 (année de sa mort), il verra la fondation de huit monastères de l'Ordre de la Vierge Marie.

Les guerres de religion (fin du XVIè siècle) mettent un frein à l'extension de l'Ordre qui reprend au XVIIe siècle, en pleine période de la contre-réforme catholique. A partir des années 1610 et suivant les directives de l’Eglise, les Provinciaux franciscains de France, en particulier Pierre Boiteux (1619-1622) et Jacques Lafroigne (1622-1626) vont chercher à « réformer » les sœurs grises – tertiaires hospitalières - en leur faisant prononcer des vœux solennels et en les mettant en clôture. Une douzaine de monastères annonciades seront ainsi formés à partir de sœurs grises. Ce mouvement franciscain s’inscrit dans un contexte plus large suscité par le Concile de Trente, visant à étendre à toutes les religieuses les mesures prises à l’égard des seules moniales.

De 1600 à 1650, quarante-deux monastères d'annonciades voient donc le jour. Dans la seconde moitié du siècle, trois fondations ont lieu en Allemagne.

Au XVIllè siècle, les vocations diminuent un peu partout. Pour les monastères, c’est l’époque des reconstructions, des rénovations et des réparations. Ce siècle voit aussi aboutir la béatification de Jeanne de France (1742). Au moment de la Révolution de 1789, l'Ordre compte cinquante-quatre monastères répartis en France, Belgique, Pays-Bas, Allemagne. En quelques années plus d'un millier d'annonciades sont dispersées. Beaucoup connaissent l'exil, la prison. Quelques-unes ont payé de leur vie.

Après la tourmente, le monastère de Villeneuve-sur-Lot est restauré (1816). En 1819, des annonciades se retrouvent et reforment une communauté à Boulogne-sur-Mer, à une condition cependant: s'occuper d'enseignement.

En 1903 : loi de séparation de l'Église et de l'État. Pour le monastère de Boulogne-sur-Mer, c'est l'exil en Angleterre. Vingt ans plus tard, quatre annonciades tentent un retour en France qui aboutit en 1926, à Thiais (Val-de-Marne). En 1976, le monastère d'Angleterre rejoindra celui de Thiais.

En Belgique, les ordres contemplatifs sont supprimés en 1784. Pour éviter la dispersion, les annonciades de Tirlemont ouvrent une école. Au cours du XIXè siècle, la communauté fonde deux monastères. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, les vocations se raréfient. En 1965, les trois monastères de Belgique se regroupent d'abord à Merksem puis à Westmalle (1970).

Il faut signaler aussi la fondation des annonciades apostoliques de Belgique par l'abbé de Clerck (1787). Vivant de la spiritualité de Jeanne de France, leur apostolat s'étend actuellement jusqu'au Zaïre, Burundi, Cameroun, Guatemala, France.

Aujourd'hui, l'Ordre de la Vierge Marie compte six monastères en France Villeneuve-sur-Lot (Lot-et-Garonne), Thiais (Val-de-Marne), Brucourt (Calvados), Peyruis (Alpes de Haute Provence) et Saint-Doulchard (Cher), Menton (Alpes Maritimes). Les quatre derniers (Brucourt, Peyruis, Saint-Doulchard et Menton) étant des fondations de celui de Thiais.- et un en Belgique - Westmalle.

Dès le début de son Ordre, Jeanne de France a voulu offrir à chacun la possibilité de partager - dans l’état de vie qui est le sien - la spiritualité évangélique et mariale de l’Annonciade. Actuellement, ce partage est proposé à toute personne qui le désire – jeunes et moins jeunes - en lien avec les monastères de l’Ordre, par la biais de la Fraternité.

Ainsi, l'Ordre de la Vierge Marie poursuit discrètement sa mission au cœur de l'Église et du monde.